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Saisi dans un résumé par le collectif Santenathon, le Conseil d’Etat reconnaît que le gouvernement américain peut accéder de manière incontrôlée aux données de santé françaises hébergées par le Health Data Hub de Microsoft

Un groupe de 18 candidats issus du monde du logiciel libre, d’associations de patients, de médecins et de syndicats et de journalistes a demandé au gouvernement de suspendre le traitement et la centralisation des données de santé de plus de 67 millions de personnes au sein du Health Data Hub, hébergé par Microsoft Azure, le géant américain nuage.

Ce collectif a condamné le choix de Microsoft principalement en raison de l’absence d’appel d’offres et des effets de l’extraterritorialité du droit américain. En fait, la Cour européenne de justice («la Cour européenne de justice») a récemment révélé que le service de renseignement américain (via la FISA et l’ordonnance 12 233) n’a aucune restriction sur l’utilisation des données européennes. .ne.s.

Suite à un mémoire important de la CNIL, et malgré un décret urgent du gouvernement au lendemain de l’audience, le Premier ministre a pris une décision reconnaissant que le Health Data Hub hébergé par Microsoft ne protège pas les données de santé françaises de l’intrusion américaine, et cela contredit tout ce qui a été dit depuis plusieurs mois par le ministère de la Santé.

Cependant, preuve de la gravité des infractions constatées, ce refus de suspension n’est qu’une décision prise «à très court terme», notamment pour éviter une interruption brutale des quelques projets en cours sur le Health Data Hub.

En revanche, le Département d’Etat demande au Health Data Hub et à Microsoft d’apporter de nouvelles modifications à leurs contrats et de prendre des précautions supplémentaires sous la supervision de la CNIL.

Surtout, au-delà du «très court terme», le Département d’Etat déclare attendre une solution qui éliminera tout risque d’accès aux données personnelles des autorités américaines, notamment en référence à un recours. les offres d’un prestataire français ou européen telles qu’annoncées par le secrétaire d’État au numérique et évoquées par la CNIL dans ses commentaires au Conseil.

En d’autres termes, le Health Data Hub tel qu’il existe aujourd’hui ne devrait pas pouvoir être utilisé tel qu’il est au-delà des quelques projets existants, car les nouveaux ne risquent pas d’être violés.

Et comme le demandait la CNIL dans sa mission d’observation, les données de santé françaises ne devraient pas pouvoir héberger Microsoft à l’avenir et devraient se pencher sur l’une des nombreuses alternatives existantes.

Avec l’urgence prise par le gouvernement ainsi que les constats importants de la CNIL, c’est donc une victoire dont le collectif SanteNathon et ses adhérents sont fiers.

Mais compte tenu de l’absence de suspension effective et de la persistance de la mauvaise foi du gouvernement et du ministère de la Santé en la matière, la lutte doit se poursuivre.

C’est pourquoi, face à l’urgence d’empêcher le transfert irréversible des données de santé aux États-Unis, maintenant que le groupe veut saisir le Conseil d’État pour prendre des mesures pouvant dépasser le «très court terme» ainsi que la CNIL en termes d’actuel et de passé délits.

D’autres actions sont également à l’étude, notamment au niveau européen.

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