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Pour les États-Unis, ransomwares et terrorisme c’est kif-kif

Les États-Unis veulent mettre en place une task force centrale basée à Washington qui regroupera tous les cas de ransomware. Une méthode déjà mise en place pour travailler sur les affaires de terrorisme.

Dans ce contexte chargé, les États-Unis ont indiqué qu’ils entendaient revoir leur approche de la cybercriminalité. Selon un responsable américain interrogé par Reuters, les États-Unis souhaitent mettre en place un groupe de travail centralisé basé à Washington pour coordonner les efforts des gouvernements locaux en cas de ransomware.

Les États-Unis cherchent ainsi à acquérir une vision plus large du phénomène et de l’implication des différents acteurs de l’écosystème de la cybercriminalité en obligeant les procureurs et enquêteurs à centraliser les informations découvertes lors de leur enquête dans une cellule. Cette unité aura pour objectif de collecter et de recouper des informations techniques et des détails sur les cas impliquant des ransomwares, mais aussi des cas connexes liés à l’écosystème de la cybercriminalité créé autour de cette activité : botnets, échanges de crypto-monnaie, services d’hébergement pare-balles et blanchiment d’argent seront également de la partie. les vues de ce groupe de travail spécialisé.

La méthode n’est pas nouvelle et a déjà été mise en œuvre par les États-Unis dans des affaires de terrorisme et certains phénomènes criminels qui affectent directement la sécurité nationale. La paralysie des services de Colonial Pipelines a choqué le pays et montre à quel point les attaques de ransomware peuvent affecter l’infrastructure nationale, considérée comme critique.

Aux États-Unis, les gros titres des ransomwares arrivent chaque semaine : après l’attaque qui a paralysé le Colonial Pipeline, c’est le géant de l’alimentation JBS qui a porté le plus gros fardeau du groupe Revil cette semaine. Dans le même temps, le conglomérat japonais Fujifilm a annoncé cette semaine avoir été touché par une attaque de ransomware qui l’a contraint à suspendre l’activité de son système informatique. Dans plusieurs cas, les attaquants ont réussi à extorquer des rançons aux entreprises concernées : on a appris que le pipeline colonial avait exempté une rançon de 4,4 millions de dollars pour obtenir la clé de décryptage utilisée par les pirates qui avaient paralysé son système.

En France, la récente épidémie de ransomware a incité les autorités à reconsidérer leurs méthodes d’enquête. Si les attaques de ransomwares ne sont pas traitées par le parquet national contre le terrorisme, la section J3 du parquet de Paris a en revanche une compétence nationale sur les affaires liées à la cybercriminalité, ce qui permet de centraliser les informations sur les attaques de ransomwares.

Le lieutenant-colonel Fabienne Lopez, chef du service de cyber-enquête de la gendarmerie, C3N, expliquait fin 2020 que chaque service d’enquête travaillant sur ces sujets s’était spécialisé dans différentes « familles » de ransomware, « à la demande de la section J3 du parquet de Paris ». L’échange d’informations entre les différents services est organisé, notamment par la création d’une base de données commune permettant le partage d’informations.En raison du caractère international de ces études, les enquêteurs sont également liés aux services d’Europol, qui travaillent également à leur niveau pour permettre l’échange d’informations sur les cas de ransomware. Un tournant amorcé en 2020 pour faire face à la reprise des attaques, comme le rapportait Le Monde en début d’année.

L’Anssi et les services de renseignement travaillent également de leur côté pour identifier et traquer les groupes à l’origine des cyberattaques. L’échange d’informations entre ces agences et les tribunaux est en revanche plus compliqué, mais la nouvelle loi sur le renseignement, adoptée cette semaine par l’Assemblée nationale, prévoit plusieurs articles visant à faciliter le transfert d’informations des agences et administrations publiques. pour les services de renseignement.

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